Jeudi 16 décembre 1999 Cyberpresse  

Courrier
La télé en direct sur Internet, mais pas l'ONF

Quelqu'un m'a parlé d'un site Web où l'on pouvait regarder la télévision en direct sur Internet. Est-ce que ça existe vraiment, et si oui, avez-vous l'adresse?
Michel Hétu

Oui, ça existe pour le plus grand plaisir des téléspectateurs et au grand dam de plusieurs télédiffuseurs. Depuis le début du mois, un site Web torontois offre la programmation de 17 réseaux de télévision canadiens et américains en direct sur Internet. On trouve autant les grands réseaux du pays comme CBC, CTV, Global, Radio-Canada (seul diffuseur francophone), que les majors américains comme ABC, NBC, CBS, Fox et Warner Brothers, sans oublier PBS. Et puis, il y a les stations locales comme City TV ou CFMT.

On est loin de la qualité vidéo que vous avez dans votre salon avec votre téléviseur branché au câble ou avec votre système Look, par exemple. Mais cette possibilité de pouvoir capter le signal télé par Internet a quand même un avantage pour ceux qui doivent utiliser un ordinateur dans une pièce où il n'y a pas de récepteur télé. Que ce soit au bureau, à l'école ou dans un lieu public, bien des gens seront heureux de pouvoir regarder la télé en direct par Internet malgré la piètre qualité de l'image. Et ça, c'est sans parler des gens qui n'ont encore qu'un vieux téléviseur avec des oreilles de lapin sur le dessus et qui peuvent maintenant utiliser leur ordinateur pour regarder des stations de télé jusqu'ici offertes seulement par services payants.

Vous vous imaginez bien qu'un tel service ne fait pas plaisir à tout le monde, en commençant par les 17 chaînes de télé qui sont ainsi diffusées sans leur consentement. Car c'est à une véritable opération commando à laquelle nous avons droit. Une opération qui profite d'un vide juridique qui permet, au Canada, à n'importe quelle compagnie de retransmettre les ondes télé publiques en autant qu'elle n'altère en rien le contenu et que la retransmission soit faite en direct. Ce qui est le cas du site WebIcraveTV.com. Mais les télédiffuseurs ne le voit pas du même oeil et l'ont fait savoir aux patrons de la nouvelle entreprise, les sommant de mettre fin à ses activités de piratage du signal. De son côté, IcraveTV a fait son travail. La société brandit des avis juridiques de grandes firmes d'avocats appuyant leur démarche qui, selon elles, ne concurrence en rien l'offre des télédiffuseurs, mais qui est plutôt une forme de complément de bien moins bonne qualité offert exclusivement aux Canadiens branchés à l'Internet.

Car il faut souligner que lorsque l'on se branche au site pour une première fois, on nous demandede nous identifier en donnant notre indicatif téléphonique régional.En apparence, les producteurs font un travail de tri à la porte, mais dans les faits, aucun véritablesystème de validation n'est en place pour vérifier les données. Donc n'importe qui, en Europe, comme aux États-Unis peut sans problème accéder aux services de IcraveTV.com.

Maintenant, est-ce que le service sera là encore demain ou après-demain? Probablement que oui. Si ce n'est pas le site de Toronto qui l'offre, un service similaire sera offert par un autre site Web ailleurs au pays ou sinon ailleurs dans le monde. Ce service utilisera un signal satellite piraté d'une zone franche ou d'un pays où les règles en matière de droit de propriété sont souples. Mais, dans l'immédiat, on aura droit à une lutte d'avocats qui en profiteront pour écrire une nouvelle page de la jurisprudence Internet.

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Est-ce vrai que l'on peut regarder des films à partir du site Internet de l'ONF?
Chantal Laprade

Oui. L'ONF vient de lancer un service où elle offre 800 films à la carte, mais il y a un hic dans tout ça. D'abord, c'est un test qui durera quelques mois. Le temps de voir les implications à long terme et d'évaluer les difficultés techniques. De plus, et c'est encore plus important, ce service n'est offert qu'aux institutions d'enseignement supérieur qui sont branchés sur le réseau haute vitesse Ca*Net2, un réseau parallèle au réseau Internet qui relie la plupart des grandes universités canadiennes. À Montréal, par exemple, seules l'Université de Montréal, l'Université Concordia et l'Université McGill sont branchées de façon à pouvoir avoir accès aux nouveaux services de l'ONF. Alors si vous vouliez planifier une petite soirée tranquille à la maison pour regarder des films de l'ONF sur votre ordinateur, il faudra patienter encore un peu. Cependant, l'initiative de CinéRoute (c'est le nom du projet pilote) nous donne un avant-goût de ce que nous promet l'Internet lorsque les voies rapides seront plus nombreuses et plus accessibles.

 


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