Lundi 27 février 2006 CONVERGENCE
de Bruno Guglielminetti

L'aspirateur des aspirateurs

Il y a deux ans, si ma mémoire est bonne, j'ai vu pour la toute première fois une publicité concernant un aspirateur de marque Dyson dans un magazine. Le fait de voir une pub d'aspirateur peut vous sembler banal, mais, à l'époque, voir la publicité d'un aspirateur jaune poussin dans les pages du magazine Wired, il fallait le faire. C'est à ce moment que j'ai commencé à m'intéresser au phénomène Dyson.

Cet aspirateur, qui évolue au fil des ans depuis 1993 et qui ressemble encore aujourd'hui à un canon antifantôme directement tiré du film américain Ghostbusters, est devenu une icône industrielle pour bien des gens fortunés qui étaient prêts à payer jusqu'à 2000 $ pièce, lors des débuts de l'appareil sur le marché nippon. Aujourd'hui, avec plus d'une vingtaine de grands prix internationaux qui soulignent l'excellence de la technologie et une trentaine de musées qui célèbrent son design, l'aspirateur Dyson coûte environ 500 à 650 dollars canadiens, selon le modèle.

La constance incarnée

Ce qui est fascinant, c'est d'observer toute la recherche technologique qui entoure l'appareil créé par James Dyson. Pour arriver à l'aspirateur que l'on trouve désormais au Québec, il aura fallu plus de 5127 prototypes et quinze ans de recherche à faire et refaire, monter et démonter, tester et retester l'appareil pour créer un aspirateur qui maintient une aspiration constante, tache après tache, minute après minute.

Une prouesse rendue possible grâce à l'invention d'une technologie baptisée Dual Cyclone qui permet de substituer deux cyclones au sac d'aspirateur classique, que la poussière ne peut bloquer. Une fois que le cyclone extérieur élimine les grosses particules de poussière et de saleté, le cyclone intérieur accélère l'air davantage pour éliminer les particules minuscules. Résultat, la poussière ne bouche pas l'appareil et celui-ci conserve sa puissance d'aspiration.

Pauvres petites bêtes!

Mieux encore, les ingénieurs de Dyson ont poussé la réflexion plus loin et ils ont découvert qu'un cyclone de diamètre inférieur fournissait une force centrifuge plus forte. Ils ont donc développé un système qui permet d'obtenir une aspiration de 45 % supérieure à la technologie des deux cyclones en répartissant l'air dans sept cyclones plus petits. Dyson avance qu'avec cette technologie l'aspirateur obtiendrait une force centrifuge équivalente à 100 000 G. En comparaison, un pilote de Formule 1 peut ressentir une force de 4 G au maximum d'une accélération sur un circuit. Pauvres acariens!

Vous me direz: «Mais pourquoi Electrolux ou Hoover n'ont-ils pas pensé à ça avant?» Eh bien, James Dyson s'était fait répondre par les deux fabricants, lorsqu'il avait tenté de leur vendre sa technologie, que la vente de sac d'aspirateurs était en soi trop rentable pour introduire un appareil sans sac.

Mais les deux grands de l'industrie de l'aspirateur ont rapidement compris l'engouement pour le Dyson puisque tous les deux offrent maintenant sur le marché de tels appareils. D'ailleurs, le président de Hoover a déjà déclaré publiquement qu'il aurait dû acheter la technologie de Dyson à l'époque pour la mettre sur une tablette. Le fabricant Hoover a d'ailleurs été reconnu coupable de violation de brevet après avoir créé des appareils un peu trop semblables aux Dyson.

Au tour de la laveuse

Et depuis le succès de l'entreprise dans le domaine de l'aspirateur sans sac, les ingénieurs ont créé un robot aspirateur et même une nouvelle machine à laver à deux tambours, la première à recevoir l'approbation de la Fondation britannique de lutte contre les allergies pour laver plus propre. Certification que l'entreprise détient également pour les performances de nettoyage de ses aspirateurs qui utilisent un filtre doté d'un écran bactéricide qui capture et tue les bactéries et moisissures à son contact. Avec ce filtre, le fabricant Dyson prétend éliminer plus de 99,9999 % de la poussière et des particules de saletés. En outre, l'air rejeté par l'aspirateur serait 150 fois plus pur que l'air ambiant.

Mais, évidemment, on a beau parler de technologie, d'aspiration constante, de design et de filtrage d'air, reste qu'un aspirateur, ça sert à aspirer la poussière. Est-ce qu'il le fait bien? Je dirais que oui, à condition d'apprendre à l'utiliser correctement. C'est-à-dire utiliser les bons réglages pour les bonnes surfaces et les bons accessoires pour les bonnes taches.

Cependant à la maison, l'aspirateur n'a pas fait l'unanimité. Pour ma blonde, l'expérience n'a pas été un succès. Elle n'hésite pas à qualifier l'outil de rhinocéros du nettoyage. En ajoutant que l'appareil est gros, lourd et pas sympathique. Et le message est assez clair, même en cadeau elle n'en voudrait pas. Selon elle, le Dyson serait carrément le Hummer des aspirateurs.

De mon côté, c'est exactement ces mêmes attributs, le poids et la masse de l'aspirateur que j'ai appréciés dans la manipulation de l'engin. Enfin quelque chose dans les mains pour faire du ménage, pas juste un simple tuyau à faire pivoter ici et là. Pour ce qui est de son apparence, je trouve que les courbes du Dyson ressemblent beaucoup plus à celles d'une F1 qu'à un Hummer. Est-ce le Piémontais en moi qui retrouve les lignes des Ferrari de Maranello? Doit-on déduire que l'aspirateur est fait pour un marché masculin?

Peut-être que oui. D'ailleurs, à ce sujet, à en croire les propos de ma voisine de bureau à Radio-Canada, c'est tout à fait normal. Marie-France Bazzo a comme théorie que les hommes sont fascinés par les aspirateurs. Allez donc savoir pourquoi ? Mais j'avoue que j'aimerais bien entendre mon collègue Jean Dion décrire sa passion pour son aspirateur dans un «action-réaction» à l'émission de ma voisine. Au fait Jean, votre aspirateur, il fonctionne avec ou sans sac ?

Assez de ménage, je vous promets, la semaine prochaine, je reviens aux bons vieux logiciels et services offerts sur Internet. Notamment une trousse de logiciel pour encadrer la navigation des enfants et un nouveau service d'hébergement gratuit pour les blogues, spécialement conçu pour les Québécois par un éditeur de Polynésie française.

 

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